non-

ÔĽŅ
non-

‚óŹ non- Pr√©fixe exprimant l'absence, la n√©gation, le contraire, le refus.

⇒NON(-), (NON, NON-) élém. de compos.
I. ‚ÄĒ[Le mot constr. est un adj. en oppos. anton. avec l'adj. de base, √† l'int√©rieur d'un groupe nom. lexicalis√©, ou est un adj. substantiv√©]
A. ‚ÄĒ[Le mot constr. est un adj. qualifiant un subst. de l'inanim√©] Une zone non constructible; un revenu non imposable; un livre non pagin√©; une denr√©e non p√©rissable; une industrie non polluante; de l'eau non potable; une plainte non recevable. V. non(-)directif, non(-)figuratif et aussi:
non b√Ęti, -ie. Les compagnies capitalistes pourront prendre possession des terrains non b√Ętis avant le r√®glement d√©finitif de l'indemnit√© (JAUR√ąS, √Čt. soc., 1901, p.233).
non littéraire. La valeur informative d'un message dépend en effet d'autre chose que d'un simple assemblage grammatical de mots, et cela aussi dans des textes non littéraires (COYAUD, Introd. ét. lang. docum., 1966, p.77).
non productif, -ive. Le luxe consiste essentiellement dans les dépenses non productives, quelle que soit d'ailleurs la nature de ces dépenses (DESTUTT DE TR., Comment. sur Espr. des lois, 1807, p.79).
non remboursable. En jetant dans la circulation un papier non remboursable (SAY, √Čcon. pol., 1832, p.270).
non sanglant, -ante. Quelques accidents. Un suicide. Deux cambriolages non sanglants (ROMAINS, Hommes bonne vol., 1932, p.212).
non vénéneux, -euse. Une de ces grosses colombes du jardin royal (...), le cou ceint du collier que portent les champignons non vénéneux (GIRAUDOUX, Siegfried et Lim., 1922, p.32).
non vertébré, -ée. Dans les animaux non vertébrés, à corps mou, il n'y a, pour ainsi dire, que des muscles peaussiers (CUVIER, Anat. comp., t.2, 1805, p.571).
‚ÄĒ LINGUISTIQUE:
non(-)accompli, -ie. (non accompli, non-accompli) ,,On appelle non-accomplie la forme de l'aspect indiquant (...) l'action dans son déroulement`` (Ling. 1972). Emploi subst. Pierre mange, Pierre mangeait, Pierre mangera sont respectivement un non-accompli présent, un non-accompli passé et un non-accompli futur (Ling. 1972).
non(-)animé, -ée.(non animé, non-animé) Synon. inanimé. On observe certaines différences syntaxiques selon qu'un nom désigne un être humain, un être animé en général (homme ou animal), ou une chose (objet non-animé) (J. DUBOIS, R.LAGANE, La Nouv. gramm. du fr., Paris, Larousse, 1973, p.40).
non(-)comptable.(non comptable, non-comptable) Synon. massif, massique. Les noms non-comptables (désignant des choses qu'on ne peut pas compter) (J. DUBOIS, R.LAGANE, La Nouv. gramm. du fr., Paris, Larousse, 1973, p.52).
non(-)marqu√©, -√©e.(non marqu√©, non-marqu√©) Ainsi la cat√©gorie des occlusives dentales, en allemand, comprend deux termes, la sonore /d/ et la sourde /t/; l'√©l√©ment /t/ est dit non marqu√©, car c'est lui seulement qui appara√ģt dans les contextes o√Ļ l'opposition /d/-/t/ ne se fait plus, c'est-√†-dire √† la finale des mots (O. DUCROT, Dire et ne pas dire, Paris, Hermann, 1972, p.214).
non(-)prédicatif, -ive.(non prédicatif, non-prédicatif) Les huit (...) parties de la langue se répartissent en deux groupes: les parties de langue prédicatives: le substantif, l'adjectif, le verbe et l'adverbe; les parties de langue non prédicatives: le pronom, l'article, la préposition, la conjonction (MOIGNET, Systématique de la lang. fr., Paris, Klincksieck, 1981, p.13).
non(-)voisé, -ée.(non voisé, non-voisé) Synon. sourd. Un phonème non-voisé (...) est un phonème réalisé habituellement sans vibration des cordes vocales (...). Il s'agit en général de consonnes, par exemple en français (p, t, k, s, ) (Ling. 1972).
B. ‚ÄĒ[Le mot constr. est un adj. qualifiant un subst. d√©signant une pers. ou une collectivit√© hum. (et secondairement, une activit√© ou une production hum.), ou un adj. substantiv√© d√©signant une pers.] V. non(-)combattant, non-comparant, non(-)conformiste, non(-)croyant, non(-)engag√©, non(-)inscrit, non(-)propri√©taire, non(-)r√©sident, non(-)violent.
‚ÄĒ [Le mot constr. est un adj.]:
non-assermenté, -ée. Un prêtre non-assermenté disait la messe (ROBESPIERRE, Corresp., 16 oct. 1791, p.126 ds QUEM. DDL t.11).
non chr√©tien, -ienne. Les peuples idol√Ętres ou non chr√©tiens (BONALD, Essai analyt., 1800, p.88).
non communiste. La droite, le centre et la gauche non communiste comptent sur cet argent pour leurs dépenses personnelles (Le Point, 23févr. 1976, p.130, col. 2).
non noble. Contraindre désormais tous les hommes non nobles à travailler de leurs mains, soit à la terre, soit à d'autres métiers (BARANTE, Hist. ducs Bourg., t.3, 1821-24, p.263).
non possédant, -ante. La misère y est, autant dire, supprimée. Alors, de quoi se plaint-elle encore, cette classe non possédante? (GIDE, Journal, 1933, p.1189).
‚ÄĒ [Le mot constr. est un adj. substantiv√© d√©signant une pers.]:
non-catholique. Des all√©es plant√©es d'arbres d'une grande √©l√©vation, √† l'ombre desquels reposent les non-catholiques (CR√ąVECOEUR, Voyage, t.2, 1801, p.281).
non-communiste. Avis aux non-communistes: tout est commun, même Dieu (BAUD, Mon coeur mis à nu, 1862-64 ds DUB. Pol. 1962, p.353).
non-initié, -ée. Ce film éducatif serait doublé d'intentions, imperceptibles d'ailleurs aux non-initiés (BLANCHE, Modèles, 1928, p.201).
non-lib√©ral, -aux. La division en lib√©raux et non-lib√©raux qu'il y avait eue sous la Restauration et la royaut√© de Juillet (BARR√ąS, Cahiers, t.6, 1907, p.75).
non noble. Voir ceux des nobles qui avaient accepté des fonctions publiques, et même quelques non nobles fort influents (STENDHAL, Chartreuse, 1839, p.9).
non-patriote. Si on accordait des gardes du corps aux patriotes, il n'y aurait pas de raison pour en refuser aux non-patriotes (AULARD, La Société des Jacobins, 21 janv. 1793, IV, p.697 ds QUEM. DDL t.11).
non poss√©dant. Nous reprochons pr√©cis√©ment √† la d√©mocratie bourgeoise de n'accorder au non poss√©dant qu'une apparence de libert√© (VAILLAND, Dr√īle de jeu, 1945, p.163).
non-privil√©gi√©, -√©e. Pour s'emp√™cher d'√™tre tout √† fait √©cras√©, il ne reste au malheureux non-privil√©gi√© que la ressource de s'attacher par toutes sortes de bassesses √† un grand (SIEY√ąS, Tiers √©tat, 1789, p.33).
non-producteur. Le parti des universitaires et des académiques, des faiseurs d'éloges, des critiques, des non-producteurs, des non-imaginatifs (GONCOURT, Journal, 1855, p.223).
non-salarié, -ée. Il y a sans doute une certaine marge de fraude dans le monde, d'ailleurs très composite, des non-salariés (Le Point, 11 oct. 1976, p.75, col. 1).
non-spécialiste. Il a beaucoup lu, beaucoup vu et beaucoup retenu. Il a l'agrément sans fruit des non-spécialistes (GONCOURT, Journal, 1855, p.212).
non-syndiqué, -ée. [Les] compagnons du syndicat, qui avaient résolu de pénétrer dans un chantier et d'en chasser les non-syndiqués (R. BAZIN, Blé, 1907, p.79).
C. ‚ÄĒ[Le mot constr. est un subst. de l'inanim√© obtenu √† partir d'un adj. ou d'un adj. participial substantiv√©]
non-dit. Le d√©cryptage de George [dans son livre ¬ęSur Sartre¬Ľ], lisant sous ce que Sartre a dit un non-dit, plus vrai que le reste est ignor√© de Sartre lui-m√™me (A. GORZ ds Le Nouvel Observateur, 6 d√©c. 1976, p.97, col.1).
non-existant. Nous sommes dans le vide, le décoloré, le non-existant, que fait le chagrin, le milieu flottant des amertumes (GONCOURT, Journal, 1865, p.204).
non-identique. En réduisant, comme dit Hegel, le non-identique à l'identique (Cl. BERNARD, Princ. méd. exp., 1878, p.136).
non-intelligible. La valeur de la distinction entre l'intelligible et le non-intelligible est elle-même suspendue à celle de la norme (G. MARCEL, Journal, 1914, p.106).
II. ‚ÄĒ[Le mot constr. est un subst. en oppos. anton. avec le subst. de base (dont il garde le genre)]
A. ‚ÄĒ[Le mot constr. est un subst. d'action; il est interpr√©table comme √©tant la nominalisation du verbe d'une phrase n√©gative] V. non-agression, non-alignement, non-assistance, non-comparution, non-conciliation, non-connaissance, non-croyance, non-discrimination, non-engagement, non-e.√©cution, non-figuration, non-intervention, non-jouissance, non-paiement, non-participation, non-r√©sidence, non-r√©sistance, non-respect, non-retour, non-r√©ussite, non-satisfaction, non-succ√®s, non-usage, non-utilisation et aussi:
non-absorption. Cette non-absorption des ferments est bien curieuse (Cl. BERNARD, Notes, 1860, p.36).
non-acceptation. Combien n'en ai-je pas vu calculer avec avidit√© toutes les probabilit√©s de la non-acceptation de cette nouvelle forme de gouvernement? (CR√ąVECOEUR, Voyage, t.3, 1801, p.262).
non-accomplissement. Ce non-accomplissement de la promesse (P. LEROUX, Humanité, 1840, p.960).
non-action, subst. fém. La chrétienté (...) n'a pas développé la notion de l'absence et de la non-action de Dieu ici-bas (S. WEIL, Pesanteur, 1943, p.166).
non-amour. Au contraire de ce que croient ceux que je n'aime pas, et qui ne me jugent que sur mon non-amour pour eux, je suis quelqu'un de fidèle, d'absurdement fidèle (MONTHERL., Démon bien, 1937, p.1341).
non-apparition. La non-apparition de Fabrice la plongeait dans une (...) mortelle inquiétude (STENDHAL, Chartreuse, 1839, p.316).
non-arrivée. La non-arrivée d'une dépêche importante qu'il attendait (PONSON DU TERR., Rocambole, t.1, 1859, p.425).
non-compréhension. Quelque cuirassé que l'on soit sur la non-compréhension de sa valeur dans les sociétés (GONCOURT, Journal, 1884, p.387).
non-conclusion. La non-conclusion de l'affaire (BALZAC, Contrat mar., 1835, p.291).
non-condamnation, subst. fém. La non-condamnation à mort avait trompé l'attente des Parisiens (VIGNY, Journal poète, 1830, p.928).
non-consommation. 1. [Correspond √† consommation A] Il ne peut y avoir de divorce (...) si l'on plaidait la nullit√©, sous pr√©texte de non-consommation, figurez-vous un peu le beau bruit que cela ferait (M√ČRIM√ČE, Lettres ctesse de Montijo, 1847, p.267). 2. [Correspond √† consommation B] Les d√©mocraties populaires pr√©servent un taux √©lev√© de non-consommation: j'√©vite √† dessein le terme d'√©pargne, toujours difficile √† d√©finir (PERROUX, √Čcon. XXe s., 1964, p.586).
non-cr√©ation. 1. [Correspond √† cr√©ation I A] Conversation avec M√ľller sur une question int√©ressante, la cr√©ation ou non-cr√©ation du monde (CONSTANT, Journaux, 1804, p.54). 2. [Correspond √† cr√©ation I B] [Meissonier] abdique dans la non-cr√©ation; il n'est plus qu'un √©cho docile de ce qu'il voit (HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, 142).
non-dissémination. La non-dissémination des armes nucléaires (GOLDSCHMIDT, Avent. atom., 1962, p.104).
non-empi√®tement. Le non-empi√®tement des tribunaux eccl√©siastiques sur les justices ordinaires (CHATEAUBR., √Čt. ou Disc. hist., t.4, 1831, p.250).
non-encha√ģnement. Il y [a], dans cette pi√®ce, un d√©faut capital: c'est le non-encha√ģnement de la premi√®re partie avec la seconde (FLAUB., Corresp., 1852, p.361).
non-√©vacuation. Sous pr√©texte de la non-√©vacuation de Malte, il r√©unit les provinces du Pi√©mont aux √Čtats fran√ßais (CHATEAUBR., M√©m., t.2, 1848, p.375).
non-exercice. Des preuves de non-vote et de non-exercice de mes droits (COURIER, Pamphlets pol., Conseil préfec. Tours, 1820, p.51).
non-explication. La non-explication, la simple position des personnages et de leurs gestes, sans aucune appr√©ciation, sans aucune rectification (RIVI√ąRE, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1908, p.12).
non-fréquentation. La non-fréquentation scolaire aboutit (...) au retard scolaire, à l'échec, à l'insuffisance des connaissances (S. CORDELIER, Enf. de la discorde, 1954, p.121).
non-garantie. Dans le même cas de stipulation de non-garantie, le vendeur en cas d'éviction est tenu à la restitution du prix (Code civil, 1804, art.1629, p.300).
non-ing√©rence. Le principe de non-ing√©rence ne signifie pas une non-influence (P. JUQUIN ds La Nouvelle critique, 1963, n¬į145-146, p.155).
non-insertion. Nous avions √©t√© bien contrari√©s de la non-insertion du premier article (M. DE GU√ČRIN, Corresp., 1834, p.135).
non-lecture. Depuis (...) que je me suis rebiffé sur la prétendue non-lecture d'un état (STENDHAL, Journal, 1810, p.195).
non-mélange. Des gens qui me semblaient offrir les tempéraments à un degré remarquable de non-mélange (STENDHAL, Hist. peint. Ital., t.2, 1817, p.38).
non-obéissance. Opposer la non-obéissance passive à la force exigerait plus de courage et serait bien plus propre à sauvegarder les meilleurs éléments de la vie nationale (B. RUSSELL, Philosophie du pacifisme, 1923, p.15 ds QUEM. DDL t.7).
non-observation. Les difficultés et indemnités qui résulteraient de la non-observation de ces conditions (BALZAC, Corresp., 1838, p.473). La non-observation ou (...) l'absence de consignes précises (GOLDSCHMIDT, Avent. atom., 1962, p.226).
non-perception. C'est miraculeux, chez cette femme, la non-perception d'un tas de choses délicates (GONCOURT, Journal, 1866, p.295).
non-possession. La misère n'est pas dans la non-possession de ce qui ne nous est point d'une nécessité absolue, mais dans l'opposition entre les besoins et la possession (SENANCOUR, Rêveries, 1799, p.76).
non-prolifération. La conférence sur le désarmement et particulièrement la non-prolifération des armes atomiques (Le Monde, 13 mai 1966 ds GILB. 1971).
non-publication. La non-publication de la musique d'Auber (BALZAC, Corresp., 1844, p.740). La non-publication du livre sur Gide (DU BOS, Journal, 1928, p.165).
non(-)réalisation. (non réalisation, non-réalisation) Une espérance dont la non réalisation me tuerait (PONSON DU TERR., Rocambole, t.1, 1859, p.573).
non-r√©ception. La sant√© des troupes, le d√©n√Ľment de toutes choses, la non-r√©ception des ordres (LAS CASES, M√©mor. Ste-H√©l√®ne, t.1, 1823, p.743).
non-reconduction. La non-reconduction des contrats d'achat (GOLDSCHMIDT, Avent. atom., 1962, p.166).
non(-)reconnaissance. (non reconnaissance, non-reconnaissance) Si l'Espagne tient ferme pour la non reconnaissance [de l'indépendance de ses colonies], elle embarrassera fort l'Angleterre (CHATEAUBR., Corresp., 1824, p.164).
non-réélection. Je me surprends cependant à parler trop souvent et avec trop de chaleur de ma non-réelection (MAINE DE BIRAN, Journal, 1816, p.221).
non-réponse. En cas de non-réponse, je t'attends à midi (FLAUB., Corresp., 1856, p.198).
non-révélation. Fait de ne pas dénoncer, révéler quelque chose. La foule, fidèle à son système de non-révélation, resta muette (E. BERTHET, Le Dernier Irlandais, 1851, p.25 ds QUEM. DDL t.13).
non-séparation. La distinction de l'élément général et de l'élément particulier portée jusqu'à leur séparation, ou leur non-séparation portée jusqu'à l'abolition de leur différence (COURNOT, Fond. connaiss., 1851, p.253).
non-vente. Moyennant un billet de remboursement en cas de non-vente (CHATEAUBR., Mém., t.1, 1848, p.443).
non-versement. V. supra non-reconnaissance ex. de Barrès.
non-vote. V. supra non-exercice ex.
B. ‚ÄĒ[Le mot constr. est un subst. de qualit√©; il est interpr√©table comme la nominalisation d'une relative n√©gative: (x) qui n'est pas coupable ‚Üí la non-culpabilit√© (de x)] V. non-activit√©, non-conformisme, non-conformit√©, non-contradiction, non-mitoyennet√©, non-pesanteur, non-pr√©sence, non-valeur et aussi:
non-contingence. L'acte de foi qui pose la non-contingence du moi empirique (G. MARCEL, Journal, 1914, p.45).
non-culpabilité. Toutes les prévisions de ceux qui croient à la non-culpabilité de Peytel sont réalisées (BALZAC, Corresp., 1839, p.700).
non(-)√©go√Įsme. (non √©go√Įsme, non-√©go√Įsme) L'affectation de non √©go√Įsme est cousine de la pudeur (VAL√ČRY, Cahiers, 1918, p.214 ds QUEM. DDL t.7).
non-hostilité. Une véritable promesse tacite de non-hostilité (GRACQ, Syrtes, 1951, p.249).
non-identit√©. 1. Fait de ne pas √™tre identique. C'est, comme le dit Hegel, la non-identit√© qui est la cause d√©terminante, et l'identit√© am√®ne le repos, c'est l'indiff√©rence chimique (Cl. BERNARD, Princ. m√©d. exp., 1878, p.208). 2. Rare. Fait pour une personne de ne pas avoir l'identit√© qu'on lui pr√™te. Mais l'erreur dura trop ou trop peu; d√®s qu'il ne lui fut plus possible de se m√©prendre sur la non-identit√© des personnes, la victime de cette m√©prise se mit √† crier, en s'√©chappant des bras de celui qui n'√©tait pas son √©poux (E. CORBI√ąRE, La Mer et les marins, 1833, pp.218-219 ds QUEM. DDL t.13).
non-individualit√©. Le principe de la non-individualit√© de l'√Ęme en tant que telle (GILSON, Espr. philos. m√©di√©v., t.1, 1931, p.206).
non-liberté. La loi suppose le fatalisme et la non-liberté (Cl. BERNARD, Notes, 1860, p.81).
non-n√©cessit√©, subst. f√©m. 1. Caract√®re contingent (de quelque chose). Pour peu qu'on cherche √† d√©m√™ler les origines, les causes pr√©cises, d'un conflit, on est toujours frapp√© par son caract√®re de non-n√©cessit√© (MARTIN DU G., Thib., √Čt√© 14, 1936, p.343). 2. Caract√®re gratuit (de quelque chose). Mais peut-√™tre sent-on dans les variations que Faur√© a pris presque trop de plaisir √† les √©crire, d'o√Ļ une certaine non-n√©cessit√© dans l'ensemble (DU BOS, Journal, 1922, p.90).
non-patriotisme. Ne m'accusez pas de non-patriotisme parce que mon intelligence me sert à faire le décompte exact des hommes et des choses (BALZAC, Corresp., 1830, p.478).
non(-)pi√©t√©. (non pi√©t√©, non-pi√©t√©) Les mots compos√©s ont beaucoup plus de force que leurs racines; mais ils pr√©sentent souvent un tout autre sens. Tels sont ceux o√Ļ entre la particule in, n√©gative lorsqu'elle est synonyme de non. (...) infid√®le [dit plus] que non fid√®le; impi√©t√©, qui suppose une injure √† l'√©gard de la divinit√©, que la non pi√©t√©, qui n'affirme que de l'indiff√©rence (BERN. DE ST.-P., Harm. nat., 1814, p.270).
non-r√©alit√©. Maintenant, une fois la n√©gation formul√©e, elle pr√©sente un aspect sym√©trique de celui de l'affirmation. Il nous semble alors que, si celle-ci affirmait une r√©alit√© objective, celle-l√† doit affirmer une non-r√©alit√© √©galement objective, et, pour ainsi dire, √©galement r√©elle (BERGSON, √Čvol. cr√©atr., 1907, p.295).
non-rétroactivité. On doit aussi s'interroger sur l'entorse faite au principe de non-rétroactivité du droit. Les crimes reprochés aux trois extradés datent de 1980 pour deux d'entre eux et de 1978 pour le troisième (Le Monde, 29 sept. 1984, p.10, col.6).
non-solidarité. L'idée de l'indépendance ou de la non-solidarité entre diverses séries de causes (COURNOT, Fond. connaiss., 1851, p.41).
non-vérité. Si enfin j'oppose à la vérité non pas la négation de la vérité, mais un simple état de non-vérité ou d'équivoque (MERLEAU-PONTY, Phénoménol. perception, 1945, p.341).
C. ‚ÄĒ[Le mot constr. est un subst. qui ne peut √™tre interpr√©t√© comme une nominalisation] V. non-√™tre, non-moi, non-pesanteur, non-sens et aussi:
non-bonheur. [De même qu']un littérateur, lisant sur sa personne un article dithyrambique, s'il y a dans l'article une ligne de restriction, il ne voit que cette ligne, de même c'est le dix pour cent de non-bonheur qui donne le ton à Costals (MONTHERL., Lépreuses, 1939, 2e part., p.1503).
non-douleur. Et pourtant si ces malades n'accusent pas de douleur pr√©cise ils font voir une agitation constante bien diff√©rente de l'apaisement d'une non-douleur (BARR√ąS, Cahiers, t.2, 1898, p.42).
non-guerre. La strat√©gie de la dissuasion, c'est une strat√©gie de non-guerre: le possesseur de l'arme nucl√©aire estime que sa force et sa capacit√© de destruction sont telles que l'ennemi recule devant l'id√©e m√™me d'attaquer (M. DEBR√Č ds Le Point, 27 ao√Ľt 1979, p.36, col. 1).
non-malheur. Le bonheur, ou ce qui en approche, est un compos√© de petits bien-√™tre, de m√™me que le non-malheur ne s'obtient que par (...) [la fermeture] de l'√Ęme √† tous les accidents de la vie (FLAUB., Corresp., 1854, p.422).
non-pens√©e. Le vocabulaire faiblement √©rotis√© de la ¬ęrencontre¬Ľ et du ¬ęcouple m√©decin-malade¬Ľ s'ext√©nue √† vouloir communiquer √† tant de non-pens√©e les p√Ęles pouvoirs d'une r√™verie matrimoniale (M. FOUCAULT, Naissance de la clinique, Paris, P.U.F., 1963, p.XI).
non-relation. Dans le jugement en je c'est précisément cette non-relation qui fait fonction de lui (G. MARCEL, Journal, 1918, p.145).
non-signification. Une philosophie de la non-signification du monde (CAMUS, Sisyphe, 1942, p.62).
non-souffrance. Elle paraissait dans un état de non-souffrance, comme il arrive souvent aux malades en ce dernier intervalle (SAINTE-BEUVE, Volupté, t.2, 1834, p.247).
non-travail. Ah! ch√®re, mes affaires √©taient d√©j√† en fort mauvais √©tat, mais mon d√©vouement me co√Ľte un argent fou, cinq cents ducats de moins, et cinq cents ducats de non-travail (BALZAC, Lettres √Čtr., t.1, p.521).
non-victoire. D'abord, √©vacuer le r√©el en le d√©baptisant: Il n'y a pas eu d√©faite mais seulement ¬ęnon-victoire¬Ľ (J. JULLIARD ds Le Nouvel Observateur, 26 f√©vr. 1979, p.32, col.1).
non-vie. Autour d'eux, c'étaient des aspects de non-vie, de monde fini ou pas encore créé (LOTI, Pêch. Isl., 1886, p.62). On devine le vide immense de cette caserne, la non-vie des trente ronds-de-cuir noyés en son vaste giron (COURTELINE, Ronds-de-cuir, 1893, 1er tabl., II, p.29).
‚ÄĒ [La base est un subst. d√©signant une r√©alit√© concr.; non- marque l'absence ou le refus de certains des traits s√©miques constitutifs du signifi√© du mot]:
non-art. La corrida s'est engagée (...) entre reporters et créateurs, photographes de plein air et photographes de studio (...). Et, pour tout dire, entre les tenants du non-art et de l'art (M. RIGHINI ds Le Nouvel Observateur, 26 juill. 1976, p.37, col. 1).
non-√©v√©nement. En pleine guerre d'Alg√©rie, ils diffusaient √† ¬ęCinq Colonnes √† la Une¬Ľ, dix-huit minutes de reportage sur un patrouilleur d'escorte pendant lesquelles il ne se passait rien. Ce ¬ęnon-√©v√©nement¬Ľ √©tait pourtant plein de guerre (L'Humanit√©, 30 ao√Ľt 1984, p.2, col.1-2).
non-film. Si l'on imagine un a-cin√©ma comparable √† cette a-litt√©rature qu'a fort justement d√©finie Claude Mauriac, on peut dire que Vianey, autour d'un non-personnage (Folon se d√©lite) embarqu√© dans une non-histoire (l'action fait comme Folon), Vianey a r√©ussi un non-film (dans ¬ęUn type comme moi ne devrait jamais mourir¬Ľ) (J.-L. BORY ds Le Nouvel Observateur, 30 ao√Ľt 1976, p.57, col. 3).
non-homme. J'objecte à Lee que les non-hommes risquent d'être insensibles à sa démonstration de leur non-humanité (M. BOSQUET ds Le Nouvel Observateur, 10 mai 1976, p.146, col. 2).
non-ville. Sarcelles c'est l'archétype de la non-ville, le chef d'oeuvre de l'aberration urbanistique (Paris-Match, 7 nov. 1970 ds GILB. 1971).
Formation et vitalité. L'élém. non(-) représente l'adv. non. Les types de dér. en non(-) productifs en fr. mod. sont attestés en anc. et en m. fr. a) Adj. ou adj. dér. désignant une pers.: non comparant (1467), non croyant (1re moitié du XIVe s.). b) Termes désignant un procès: non-comparution (1467), non-connaissance (1284), non-payement (1493). c) Termes en oppos. anton. avec le subst. de base: non être (ca 1325), non sens (ca 1210), non valeur (ca 1285). Certains dér. anc. se sont maintenus dans la lang. mais ne correspondent pas à un type productif vivant: non-chaloir, non recevoir dans l'expr. fin de non recevoir.
Productivit√©. 1. Les Observatoires du Fr. Contemp. et GILB. 1971 ont mis en √©vidence le caract√®re tr√®s productif de ¬ęnon-¬Ľ au milieu du XXe s. Mais, contrairement √† une id√©e r√©pandue ‚ÄĒform√©e √† partir des termes enregistr√©s dans les dict. de lang. ‚ÄĒ, la d√©rivation en non(-) a √©t√© √©galement tr√®s productive dans la lang. des XVIIIe et XIXe s. L'infl. de l'angl. a contribu√© au d√©veloppement de ce proc√©d√© de pr√©fixation (cf. les rubriques hist. de nombreux pr√©fix√©s figurant ci-dessous √† leur rang alph.). Les termes compos√©s appartiennent essentiellement √† qq. vocab. sp√©cialis√©s, notamment le dr., la philos., la ling. Plus g√©n., ils apparaissent comme sp√©cifiques de ce qu'on pourrait appeler le vocab. d'analyse th√©orique, d'o√Ļ leur pr√©sence dans les correspondances et les journaux d'aut. du corpus litt√©r. TLF. 2. Place de non(-) dans le champ de pr√©f. n√©gatif vis-√†-vis de in- (il-, im-, ir-) ou a- (an-). En ce qui concerne les d√©r. adj., les termes en non- se diff√©rencient fondamentalement des d√©r. en in- ou a- par le fait qu'ils ne peuvent √™tre employ√©s comme attributs (v. non II C). Dans qq. cas une concurrence se manifeste: non anim√©/inanim√©, non recevable/irrecevable, non vert√©br√©s/invert√©br√©s. En ce qui concerne les d√©r. subst., la d√©rivation en non- est normale, alors que la d√©rivation dir. en in- √† partir de subst. appara√ģt comme artificielle: infranchise, inindulgence, inorthodoxie, irr√©ciprocit√© (v.in-1, formation et vitalit√©).
Prononc. et Orth.:Devant consonne: [] non d√©livrance, etc. Devant voyelle, h√©sitation entre l'√©volution phon√©t. (d√©nasalisation de la voyelle nasale √† la liaison, ph√©nom√®ne signal√© d√®s le XVIe, XVIIes.) et l'anal. (avec la voyelle nasale devant consonne). Voir G. STRAKA, Formation de la prononc. fr., Paris, Klincksieck, 1981, pp.198-199. Pt ROB. [-], [-]: non-agression, non-alignement, non-assistance, non-engag√©, non-√™tre, non-euclidien, non-existence, non-usage mais uniquement [-]: non-activit√©, non-ex√©cution, non-intervention; Lar. Lang. fr. [-] dans tous les cas. Le trait d'union est quasi syst√©matique pour les subst.; dans le corpus litt√©r. du TLF, proportion de l'ordre de 1 ou 2 % d'exceptions. Pour les adj., la r√®gle est l'absence du trait d'union, mais il y a des h√©sitations. Souvent aussi, notamment dans le discours philos., le trait d'union marque une liaison conceptuelle. P. ex.: [Les r√™ves] ne sont pas th√©matis√©s comme sexuels, faute d'un fond non-sexuel sur lequel ils se d√©tachent (MERLEAU-PONTY, Ph√©nom√©nol. perception, 1945, p.437). Le sens commun affirme successivement une fausse libert√© non-limit√©e et non-situ√©e, et une fausse d√©termination de l'homme par la nature, qui le d√©grade en objet (RICOEUR, Philos. volont√©, 1949, p.333). Dans qq. mots, form√©s √† une √©poque anc., non est soud√© √† la base: nonchalance, nonchalant, nonchaloir, nonobstant, nonpareil. Prop. CATACH-GOLF. Orth. Lexicogr. Mots comp. 1981, p.201: soudure ou tol√©rance pour le trait d'union dans tous les cas. Bbg. BEAUJOT (J.-P.). √Ä quoi peut bien servir le pr√©f. non? BREF. 1976, n¬į7, pp.29-59; 1976, n¬į 8, pp.37-56. ‚ÄĒDUBOIS (J.), IRIGARAY (L.), MARCIE (P.). Transformation n√©gative et organisation des classes lexicales. Cah. Lexicol. 1965, t.7, pp.3-32. ‚ÄĒGAATONE (D.). √Čt. descr. du syst. de la n√©gation. Gen√®ve, 1971, pp.21-27. ‚ÄĒGOOSSE 1975, pp.25-26. ‚ÄĒKALIK (A.). La Caract√©risation n√©gative. Fr. mod. 1971, t.39, pp.128-146. ‚ÄĒLE BIDOIS (R.). La D√©f. de la lang. fr. Le Monde. 4 mars 1970, p.18, 25 mars 1970, p.17. ‚ÄĒPEYTARD 1975, pp.518-528. ‚ÄĒPINCHON (J.). Les Pr√©f. n√©gatifs: in-, non-, a-. Fr. Monde. 1971, n¬į 82, pp.45-46; n¬į 83, pp.46-47; n¬į 84, pp.47-48; n¬į 86, pp.45-46. ‚ÄĒSAUVAGEOT (A.). Fr. d'hier ou fr. de demain? Paris, 1978, pp.110-113.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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